Durant les siècles passés, les artistes étaient fréquemment des hommes présentant un savoir-faire destiné à satisfaire des commandes publiques ou privées.

Cet "art" de créer des objets respectant certains protocoles techniques, certaines contingences matérielles et certaines obligations était tout aussi souvent porteur d'un sens, d'un discours orienté : une oeuvre d'art présente cet aspect didactique, pour ne pas dire pédagogique, qui permet à la création en question d'être en lien direct avec son temps, avec ses "contemporains" et, au-delà des frontières spatiales et temporelles, avec ceux qui la questionnent du regard.


Depuis la Renaissance et encore au XIXe siècle, le métier d'artiste était regardé par la société avec considération et respect. L'Humanisme a doté les peintres, sculpteurs, dessinateurs et autres praticiens des arts visuels d'une reconnaissance essentielle : leurs activités n'étaient plus considérées seulement comme "manuelles et techniques" mais aussi comme "intellectuelles et libérales". De ce temps vient la fameuse affirmation de Léonard de Vinci, "l'art est chose mentale".


L'oeuvre d'art possède de la sorte une triple dimension tout à fait passionnante : porteuse d'un savoir-faire technique, elle est également support d'un discours et, au-delà de la question des goûts et préférences personnelles, propose une certaine délectation esthétique.


Depuis les lendemains des deux Guerres Mondiales qui ravagèrent l'Europe avec horreur et violence, les créations artistiques ont gagné, parfois avec un grand bénéfice, en liberté à l'égard des conventions et habitudes de représentation, les artistes bénéficient d'une latitude nouvelle par rapport à d'éventuels commanditaires...tout semble aller dans un sens de "progrès"....en apparence...


Nos regards d'aujourd'hui sont envahis d'images qui, bien fréquemment, ne sont portées par d'autres discours que celui de la consommation...
Nos yeux ne savent souvent plus voir la beauté...
Les artistes vivent de métiers alimentaires, se considèrent souvent comme des mendiants tant la société moderne les a éjectés des "besoins" à satisfaire...
Les habitudes modernes sont telles que trop peu d'oeuvres d'art ornent nos murs ; et la question économique n'est pas la seule responsable : combien de créations originales qui ne tombent pas en panne, ne déçoivent jamais et seront un patrimoine d'amour et de beauté sans pareil à offrir à vos proches peuvent être acquises pour le prix d'un écran plat envahissant ou d'une grosse machine destinée à grimper les trottoirs et accélerer plus vite que le voisin?

Texte de Virginie Tillier pour Espace Graphique

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Commentaires

Suis complètement et sincèrement d'accord avec ce texte profond et si vrai. Merci pour les créateurs et pour les amoureux de la beauté...
Commentaire n°1 posté par Sylvie Foisel le 11/02/2010 à 19h35
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